17 millions d'habitants, Aurélia, Bombay et moi.

Publié le par Carotte

Mumbai, Bombay, la plus grande ville d'Inde, ville tourbillonnante, ville vivante, ville d'affaires, ville de contrastes (j'ai déjà dit ça plus tôt ailleurs non ?). La ville est grande, immense mais étonnamment paisible et propre. Rassurez-vous : on est toujours en Inde. Il y a toujours des klaxons, des taxis, des « yes madam' you want something ? »... Et à coté de ça, les feux rouges sont respectés, il y a des filles en débardeur, des vestiges architecturaux dignes d'Harry Potter (l'université est sublime !) ; sur la Marine Drive, on se croirait à Manhattan.

 

Après une première journée toute seule à errer dans le centre ville, à tenter de voir les fameux « dabbawallah », ces transporteurs-distributeurs de nourriture à la mécanique rodée (sans succès... intox du routard ?), à longer les bâtiments anglais, à admirer la gare à gargouilles classée à l'Unesco, alias Victoria Terminus, alias Chatrapati Shivaji terminus (que nous appellerons CST pour des raisons de facilité), à parcourir le port, le quartier à touristes de Colaba, calme et nonchalant, à épier les boutiques de luxe sous les arcades très parisiennes, j'ai sauté dans un train de banlieue pour aller à l'aéroport.

Sur le trajet, les balcons et fenêtres rivalisent de lampions et guirlandes lumineuses. C'est Diwali, l'équivalent du nouvel an indien. Dans le train, j'échappe à la cohue grâce aux wagons « ladies », dans lesquels on a le droit aux vendeurs ambulants de tikas adhésives, chouchous, barrettes, et autres vernis à ongles. Et petit à petit, la ville défile, on s'éloigne du centre colonial, hyper développé et occidentalisé, on retourne dans une Inde plus populaire, plus vivante. J'atterris au milieu du marché d'Andheri, où les portables tout dernier cri côtoient les saris les plus traditionnels. J'aime bien. Et pas une seule sollicitation ici. Les gens sont étonnés de me voir là, mais m'aiguillent gentiment.

J'arrive à l'aéroport avec quelques bonnes heures d'avance, le temps de dessiner, de me faire copine avec Ashiya, 8 ans, qui attend son papa qui revient de Dubaï. Et puis Aurélia arrive. J'ai beau aimer les voyages toute seule, c'est vraiment agréable de récupérer une copine... Et puis on a tellement de choses à se raconter que le trajet en taxi passe à toute vitesse. Je ne m'aperçois plus de certaines choses qui surprennent les nouveaux arrivants : les odeurs, les vaches, les saris multicolores, la conduite à gauche...

 

Et on a tellement de choses à se raconter (encore !) que la soirée s'éternise ainsi que les suivantes et que je commence à perdre mon bon rythme matinal ! Ce n'est pas grave, on arrive quand même à profiter de la ville... Ajoutez ainsi à ma première liste l'exploration des bazars au nord de CST, la suite de Marine Drive, Chowpatty beach, Malabar Hill avec ses jardins animés et enfin LA sortie touristique en bateau (fort agréable traversée à travers le gigantisme du port) jusqu'à Elephanta Island, île sans éléphants mais avec grottes sculptées fort jolies bien qu'un peu massacrées par les portugais (ils n'aimaient pas trop les mecs avec plein de bras : un petit sentiment d'infériorité mal digéré ?). Et surtout avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens. Quelques touristes occidentaux et surtout beaucoup (trop ?) de touristes indiens. Je dois ici avouer que cette dernière journée à Mumbai a été celle où j'ai commencé à en avoir marre des indiens, de l'Inde, du bruit permanent, du monde, de la sensation d'étouffement, de devoir tout vérifier à chaque fois pour éviter les arnaques, de devoir ignorer ou répondre pour la cinq-cent-cinquantième fois aux « taximadampleaseshawlpashminacometomyshopexcusemechangemoney », des différences culturelles qui ressemblent parfois purement et simplement à de l'impolitesse.

L'Inde est splendide, regorge de choses à voir, à faire, de gens très bien aussi (heureusement !) mais c'est un pays tellement immense que comme nous l'avons conclu deux jours plus tard avec deux charmantes lycéennes dans le train, il y a forcément des gens biens mais aussi des plus « fatigants ». Nous nous contenterons de cet euphémisme pour l'instant.

 

Mumbai me laisse quand même globalement une bonne impression. Ville très occidentalisée où l'on imagine facilement pouvoir travailler et rester un peu plus longtemps. Nous sommes restées près du centre essentiellement mais au nord, on peut vite se perdre dans la jungle, et dans des centaines d'autres quartiers encore bien différents... Encore des mondes à découvrir... Une autre fois ? Pour l'instant, nous avons fui vers le Sud, vers Goa... Et le calme ressenti en arrivant nous fait nous apercevoir par contraste de la folie mumbaienne...

 

P.S. : Un (petit) regret quand même : une de nos missions prévues à Bombay a échoué : nous n'avons pas réussi à nous faire embaucher dans un Bollywood ! Une proposition mais trop tardive, nous partions déjà vers de nouvelles aventures...

Publié dans Sur la route... Inde

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babeth 01/11/2011 20:54



Une tikka adhésive, j'aurais voulu voir ça, quelle décadence,c'est si rigolo quand ils te les plantent entre les deux yeux :)



Carotte 02/11/2011 15:13



Oh, ça se fait bcp et c'est pas si nouveau ! On peut varier les formes et les couleurs comme ça, c'est joli... regarde bien, sur certaines photos, j'en ai une !