A l'école...

Publié le par Carotte

 

Arrivée à l'école pile pour la cérémonie du matin que je vois du coup en entier : hymnes népali et tibétain, chant de l'école ( we shall overcome), prière,  vérification de la propreté des mains par les capitaines et entrée en classe au son du tambour. Marche militaire.

C'est un peu le bordel, je ne sais pas trop où aller. Je commence donc avec l'ancienne étudiante de Chemila, Purbhu, qu'elle m'a présentée la veille. Leçon de tibétain en classe III. Je suis perdue ! Les élèves apprennent ici trois langues : l'anglais, le népalais et le tibétain. 3 langues et 3 graphies différentes bien sûr. Ils font des révisions pour les examens qui ont lieu dans deux semaines. Les examens ici commencent dès la crèche (!) et ont lieu tous les ans (et je crois même plusieurs fois par an).

Elle me laisse ensuite la classe et j'improvise une séance d'écriture de lettres sans savoir trop ce que les élèves savaient déjà ou non, ni même leur niveau d'anglais. Il est bon, heureusement. Ecriture, dessins. Les élèves n'ont visiblement pas l'habitude de parler de soi ! Exercice intéressant. Je passe ensuite en classe II où je réalise la même séance après une séance de sciences sur le corps humain.

 

Ici, l'apprentissage est très théorique. Lecture sur le livre, répétitions collectives, explications orales du professeur. Copie. Pour le peu que j'ai pu voir, guère d'initiatives personnelles. Mais ce n'est qu'un début. Et il faut avouer que les résultats sur les cahiers sont impressionnants. Les enfants commencent à écrire dès la crèche. Je vois déjà d'ici s'élever tous les pédagogues européens. Ajoutons alors qu'ils sont déjà notés. Récitations de l'alphabet, copie des lettres. Répétitions. Encore. Ca marche étonnamment bien. Peut-être parce que les classes sont très peu chargées ? 15 élèves en moyenne. Pas plus. Les salles sont adaptées. Minuscules aussi. Sur les cahiers, je suis étonnée par la qualité de la graphie. Et même lors de l'écriture des lettres, je m'aperçois que le niveau d'anglais est correct. J'aurais bien du mal en revanche à juger l'enseignement du népalais ou du tibétain !

 

Je me retrouve après cela propulsée en classe I (équivalent du CP). Je ne veux pas faire les lettres avec eux car je crains que ce soit un peu difficile. Je me présente alors. On chante. Je tente une improvisation sur leçon de sciences sur les insectes mais sans grande conviction. Donc enchainement avec dessins par rapport au spectacle de la veille. Beaucoup n'ont pas compris la consigne au début. Je pense que certains ne m'avaient pas reconnue et n'ont pas compris que j'étais derrière les marionnettes la veille ! Mais ça finit par marcher et j'obtiens quelques jolis dessins de papillons, de chenilles et de cochons.

J'ai du mal à gérer la classes. Les enfants ont l'habitude de parler tout le temps, répéter, réciter les leçons à voix haute pendant la classe, se frappent même. Du coup, je gronde un peu, mais ils ne voient visiblement pas ce qu'ils font de mal. A côté de cela, ils demandent systématiquement « may I come in ? » quand ils rentrent en classe, se lèvent et restent debout tant que le professeur n'a pas dit de s'asseoir, saluent « Good morning Miss », « Good bye Miss, thank you Miss for teaching us ». Respect présenté d'une manière différente. Car clairement respect il y a vis-à-vis de l'enseignant. J'ai appris le lendemain que la classe 1 avait la réputation d'être LA classe terrible de l'école. En effet, dans les autres classes, je n'ai eu aucun problème de discipline.  Et au contraire, les élèves se mettent en 4 pour m'aider dès que j'ai besoin de la moindre chose.

 

 

Ensuite, censée m'occuper des plus jeunes pendant le repas, je me retrouve finalement embarquée par une des instits qui m'invite à manger au restau à côté. Chowmein végétarien. Pas mal. Tout en mangeant, les filles corrigent leurs cahiers. J'ai parfois l'impression que la journée consiste à préparer et donner les devoirs que les enfants feront le soir et corriger ceux de la veille.

Je suis un poil perdue. D'autant que mon anglais n'est toujours pas un modèle du genre et que pour certains des enseignants, ce n'est pas le top non plus.

L'après-midi, je commence par errer un peu, toutes les classes étant occupées puis je retourne en classe II pour continuer les lettres. Les enfants sont tous contents de me voir arriver et crient « Miss's coming ! » « Youpi ! » Ca fait plaisir.

 

Fin des cours à 15h30. Je m'échappe, ne sachant plus trop quoi faire là. J'y retourne jeudi car demain, mercredi, je vais aller avec l'association APC pour voir comment se passent les douches des enfants des rues. Il paraît que c'est un grand moment. Let's see...

Publié dans Sur la route... Népal

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