Adam's Peak (Sri Pada) ou Comment j'ai failli adopter un chien.

Publié le par Carotte

 

Delhousie, 13 décembre 2011.

 

C'est l'histoire de trois filles qui décident d'attaquer à trois heures du matin l'ascension des 5200 marches et des poussières (on n'a pas compté) qui jalonnent les 2243 mètres du Sri Pada ou Adam's Peak. Ce somment, s'il n'est pas le plus haut du Sri Lanka, en est le plus célèbre. Il réussit le tour de force d'être vénéré à la fois par les bouddhistes (majoritaires au Sri Lanka), les hindouistes, les chrétiens et les musulmans, chacun voyant dans l'empreinte de pied au sommet celle de Bouddha, St Thomas, Shiva ou Adam. Et donc, à partir de la pleine lune de décembre, tout ce petit monde se met en route, accompagné d'une série de touristes, pour tenter d'augmenter ses points de karma en effectuant ce pèlerinage.

La veille, on avait discuté avec une très gentille suisse qui revenait de là bas et nous avouait avoir un peu mal aux jambes. Naïvement, je pensais qu'avec l'entraînement des quelques treks réalisés ces derniers mois, ça allait se passer tranquille. J'apprendrai à mes dépends qu'il ne faut jamais sous-estimer 5200 marches en béton ou pierres défoncées de hauteurs aléatoires mais surtout trop hautes.

Mais nous n'en sommes pas encore là.

Nous n'avions encore gravi qu'une centaine de marches quand un petit chiot fort charmant nous prend en affection et se met à nous suivre sur une autre centaine de marches. On essaie de le convaincre « mais reste en bas, les marches sont trop hautes pour toi, tu ne vas pas nous suivre jusqu'en haut ? » (oui, à 3h du matin, je parle aux chiens. Aucune remarque désobligeante ne sera acceptée à ce propos). Bref. Il continue à nous suivre, escaladant des marches qui font trois fois sa taille (je n'exagère même pas), s'y reprenant à trois reprises si besoin. Au bout d'un kilomètre, on se demande comment il fait. Et surtout comment il va arriver à nous suivre jusqu'au bout. Mais on a commencé à s'y attacher franchement. Martine lui bricole un porte-chien ventral et c'est parti. On continue la grimpette à quatre. Trois filles sur une montagne sans oublier le chien. 500 grammes de poil en plus. On se demande si on va gagner des points de karma supplémentaires grâce à ça. Rien n'est moins sûr, mais parmi les avantages collatéraux du chien, notons : la bouillotte ventrale, l'obligation de marcher à un rythme régulier pour ne pas le réveiller (oui, car ne rêvons pas, une fois dans le porte bébé, elle (oui, c'est une ptite femelle en fait) s'est endormie et n'a daigné ouvrir un oeil qu'une fois au sommet. On la soupçonne d'avoir juste été un peu fainéante...), les regards et commentaires attendris des autres pèlerins, un sujet de conversation sans fin et une motivation vaguement supplémentaire pour surmonter les dernières marches qui relèvent plus de la torture physique que d'autre chose.

Ceux qui me connaissent ou qui ont lu attentivement l'article où je révélais mes secrets les plus intimes auront probablement été étonnés de ce titre. Mais oui. Pour une fois, elle était tellement choupinette, roulée en boule sous ma gore tex. Et puis surtout, ses dents faisaient moins d'un millimètre. Que bon. En tous cas, pour une fois, j'ai passé presque 5 heures avec un chien dans mes bras sans en avoir peur. Et ça, c'est déjà un progrès non ?

Mais retournons à notre montagne. Sri Pada se grimpe de nuit donc. Pour éviter les grosses chaleurs, mais aussi car THE place to be au lever du soleil, c'est en haut. Après 3 heures de marches, marches, marches, on a la joie de pouvoir grelotter en admirant le ciel, les montagnes et lacs alentours s'illuminer peu à peu, bercés par les trompes et les tambours de la puja célébrée au sommet, rythmé par les annonces des donations effectuées, au milieu des moines oranges, des pèlerins cinghalais et des appareils photo des touristes. Ensuite, on a le droit de redescendre. Et les 5200 marches paraissent heureusement un peu plus rapide en sens inverse. On s'offre même un bracelet bouddhique qu'un moine nous attache en récitant des mantras et nous bénissant, chance et santé pour nous.

Le lendemain, on a l'immense honneur d'avoir un rappel de nos aventures et de constater que l'option « santé » de la bénédiction bouddhiste ne couvre pas tous les domaines : les quadriceps et les mollets ont la mémoire plus longue que prévu...

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The King of The Thousands 16/12/2011 22:42


Peut-être que vous lui avez laissé le porte-chien ventral pour qu'il puisse plus facilement faire du stop à sa prochaine ascension ?

Carotte 18/12/2011 17:49



Non, Martine avait quand même envie de récupérer son paréo-écharpe, même plein de puces ;)



Marie-Pierre 15/12/2011 22:55


Moi aussi je me demande ce qu'est devenu la petite paresseuse! 

 

Carotte 18/12/2011 17:51



Je te rassure, je ne l'ai ni mangée, ni rapportée ! (elle a juste retrouvé son "propriétaire"... qui était prêt à nous la laisser mais on lui a gentiment dit que ce serait un peu compliqué...



babeth 15/12/2011 16:32


Et qu'as tu fait de ta boulette au retour ?


Tu vois que ça peut etre sympa un petit chien ;)


 

Carotte 18/12/2011 17:50



Elle a retrouvé son maître à la descente !



juliette 15/12/2011 09:23


En montant à Triund au dessus de Dharamsala, un troupeau de chiens nous a aussi accompagné -il faut dire qu'on les avait un peu nourris à la première pause-, mais c'est pas encore sur le
blog -oui, je sais je suis très en retard, et comme j'ai beaucoup de mal à atterrir (suis à la loge), je vais me replonger la dedans.........

Carotte 18/12/2011 17:50



Bon, au pire, tu nous raconteras tout en live à noël ;)