BackatKolkata – ajouts.

Publié le par Carotte

 

De retour à Calcutta pour une journée étape entre Darjeeling et l'Orissa. Et l'occasion de retrouver les gens sympathiques que j'avais laissé une semaine plus tôt, en rencontrer d'autres dont j'aurais pu me passer.

L'occasion aussi de continuer à explorer la ville avec trois lieux que je n'avais pas évoqués précédemment, mais qui pourtant valent le détour, trois lieux, trois facettes très différentes de l'Inde, trois mondes en un. La ferveur religieuse populaire, les vestiges coloniaux, les nuits de la jeunesse dorée indienne.

 

Kalighat. En fait, je triche, ça, ça ne date pas de mon retour, mais du dernier jour de ma première semaine, mais je n'avais pas eu le temps de l'évoquer. La foule autour du temple dédié à Kali est impressionnante : des heures de queue à la file... indienne (ahahah) sur des centaines de mètres pour aller déposer ses offrandes à la terrifiante déesse. L'animation sur le marché est tout aussi extraordinaire. On y trouve toutes les offrandes possibles et imaginables : statuettes, poudre de couleurs, pendentifs, paniers garnis, plumeaux, fruits... Joyeux bordel coloré.

Le contraste est saisissant avec le calme des ruelles si proches. On passe le coin de la rue et tout-à-coup, plus personne. Du linge qui sèche, des ruelles minuscules, quelques passants et chiens égarés. Presque plus aucun bruit. Le quartier n'a pas le charme de Kumartuli, mais il n'en demeure pas moins une excursion sympathique.

 

Le cimetière de South Park Street. On passe la grille sans trop savoir si c'est bien là qu'il faut rentrer. On écrit notre nom sur un registre et on se lance dans cet endroit totalement improbable. Des tombes immenses, des caveaux monumentaux, des pyramides, des obélisques, des coupoles, des colonnes qui n'auraient pas dépareillé au cimetière monumental de Milan. Le tout en pierre grise, simple, austère, anglaise, mais aussi des arbres dans tous les sens, de la mousse. La jungle a tout envahi, et malgré les travaux de restauration et les quelques personnes qui semblent nettoyer méticuleusement tout ça, elle n'a pas l'intention de partir tout à fait. Harmonie en gris et vert. C'est fou, hors du temps, hors de l'espace aussi, une sorte de colonie anglaise sur laquelle la nature indienne aurait repris ses droits. Etrange mélange... un instant, on est ailleurs.

 

L'autre Inde. Celle de la jeunesse dorée, occidentalisée. L'espace d'un soir, je crois être revenue en Europe. Club branché, musique américaine, débardeurs, mini-shorts, talons, cocktails, air climatisé, décibels, des couples qui s'embrassent et dansent à la limite de l'acceptable, des prix qui avoisinent les français. Même si en l'occurrence, pour les filles, c'est gratuit, consommations comme entrée. Mais je n'ai pas particulièrement envie d'en abuser. En sortant, la réalité nous revient en pleine face. Dans la rue, des centaines de gens dorment à même le sol. On est toujours en Inde...

Publié dans Sur la route... Inde

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