Goa...

Publié le par Carotte

 

Certains noms comme ça sont tellement célèbres qu'on en a tous une vague image dans la tête. Goa m'évoquait des plages, des restes de 68, des néo-hippies, mais pas grand chose de plus. Je croyais même jusqu'à il y a peu que Goa c'était un lieu, une immense plage. En réalité, c'est un état à part entière, même si c'est le plus petit d'Inde, et il y a quand même une bonne centaine de kilomètres du nord au sud et autant de plages. Il va donc falloir choisir où aller dans cette enfilade de cocotiers et sable jaune. D'autant qu'il y a aussi des villes et des églises classées à l'Unesco qui peuvent valoir le coup d'oeil. On décide d'éviter les plages du nord qui semblent bien bétonnées, chères et ambiance boites de nuit pour se contenter de Panjim (Panaji), la « capitale », des églises de Velha Goa et d'une plage du sud.

Une fois arrivées à Panaji, on n'a plus vraiment l'impression d'être en Inde. Des églises portugaises à la place des temples, des images de Jésus remplacent celles de Shiva, sur les boites aux lettres « Fernandes », « Alonso », peu de saris, beaucoup de touristes étrangers comme indiens. Panjim a un côté latin indéniable, même si l'appellation « petite Lisbonne » me semble un poil exagérée. On déambule entre les jolies maisons coloniales du quartier de Fontainhas, pleines de couleurs vives et de pancartes imitations d'azulejos. A Old Goa, les immenses églises baroques dénotent un peu au milieu des cocotiers et créent une atmosphère très particulière. Moi qui suis habituellement assez réfractaire à ce type d'art, ici, les angelots en bois prennent une toute autre dimension...

L'ambiance est calme, détendue, presque nonchalante, les gens sont gentils. A l'exception d'un boulet dans le bus (mais ils ont dû cumuler les tares de tous les goannais en une seule personne, je ne vois que ça), on n'a plus (trop) cette sensation d'oppression. Je relâche doucement (mais pas trop quand même) ma méfiance et ma vigilance perpétuelle...

Et puis, on part vers les plages. Puisque Goa, ce n'est pas que ça, mais c'est quand même surtout ça. Et même si rien ne ressemble plus à une belle plage de cocotiers qu'une autre belle plage de cocotiers, qu'elle soit dans les Antilles, à Madagascar ou à Goa... c'est beau !

Pour assumer totalement notre côté touristes, on choisit la plage de Palolem, la plus connue des plages du sud, ultra touristique mais l'ambiance est parait-il toujours bonne. Et si elle est si connue, ce n'est pas pour rien, elle est véritablement magnifique ! Une belle anse de sable jaune bordée de cocotiers entre lesquelles poussent des centaines de huttes alternant avec des restos avec vue sur la plage . L'eau est à température idéale (c'est-à-dire très chaude, mais pas trop quand même) et on peut marcher des dizaines de mètres avant de ne plus avoir pied : c'est pas compliqué, je ne suis jamais arrivée aussi loin. Il faut dire que j'ai beau être courageuse, je ne suis guère téméraire. Les plages goannaises peuvent être dangereuses et je ne suis pas certaine d'avoir une absolue confiance dans les lifeguards en maillot rouge qui attendent à côté de leur surf jaune (si, si, ils ont osé).

Et, oui, il y a du monde, mais c'est encore très tolérable. Pour obtenir la même fréquentation sur la moindre plage du sud de la France, il faudrait y aller en janvier un jour de pluie. On est encore en demi-saison, certains groupes de huttes ne sont pas encore remontées pour cette année. Nous sommes hébergées pas directement sur l'eau mais à 50m de la plage chez la très gentille Sofia dans une petite hutte au confort approximatif mais au prix défiant toute concurrence.

Et l'ambiance est bonne en effet. Peu d'indiens, mais une grande variété de touristes occidentaux de tous poils. Certains sont arrivés en 68 et ne sont jamais repartis comme notre voisin anglais qui continue à fumer ses petits joints quotidiens, beaucoup de jeunes arrivés ici pour se reposer après un tour d'Inde, d'autres juste là pour faire la fête et bronzer. Pas mal de russes aussi. Les filles défilent en maillot de bain, ça semble presque indécent après 3 mois d'épaules et genoux cachés. Côté indiens, on a encore droit 70 fois par jour aux « Hello Mam', you want to see my shop ? » ou « Taxi » auxquels je ne réponds même plus... Je risquerais d'être désagréable... C'est juste dommage puisqu'on n'a plus aucun plaisir à se balader entre les boutiques et faire du shopping. On se retrouve à tracer au plus vite en esquivant les gens qui nous appellent. Même posées tranquillement sur la plage, certaines femmes viennent nous démarcher de manière parfois un peu pénible. Je crois aussi que je n'ai plus la même patience qu'au début...

Je noircis un peu le tableau. En vrai, oui, l'ambiance est bonne. Assez paisible, peu fêtarde même si l'alcool étant en vente libre ici, tous les bars proposent des séries de cocktails et bières à des prix défiant toute concurrence. Nous, on préfère profiter des poissons et des thés avec vue sur la mer parce qu'on est des filles sages (et surtout que la doxy, l'alcool et Aurélia ne s'entendent guère. Moi ça va mais comme je suis une copine solidaire, je la soutiens).

Niveau activités, nous redéfinissons le concept du farniente. On s'en sort pas mal. Grasses mat', brunch, trempette, lecture et aquarelles sur la plage, balade (pas trop longue hein), sieste, coucher de soleil sur la plage, re-lecture, aquarelles et baignades, diner, papotages, internet, dodo...

On n'aura finalement même pas le courage comme prévu d'aller voir les jolies plages plus désertes quelques kilomètres plus loin ou de louer un scooter pour partir à l'aventure. On profite deux jours de la plage le temps que les lunettes d'Aurélia soient prêtes (oui, pour ne pas oublier nos vieilles habitudes d'échec, Aurélia a réussi à perdre ses lunettes au bout du troisième jour, heureusement les opticiens indiens sont assez efficaces).

Puis nous repartons... parce que finalement, les plages, c'est joli et agréable, mais c'est quand même un peu chiant, qu'on a (presque) les mêmes à la maison (sans les cocotiers) et qu'on en aura des plus belles au Sri Lanka.

Le dernier jour , nous repartons dans les terres, dans la grosse bourgade de Magdaon d'où nous prenons un bus pour Hampi. En attendant le soir, balade et rencontres agréables (Gita, gentille vendeuse qui envie nos cheveux quand on rêverait des siens !) avant d'aller se faire un blockbuster bollywoodien. Grand moment de cinéma mais je pense que je vous consacrerai un article entier au monde merveilleux du Bollywood dont je deviens (allez, j'assume) une fan inconditionnelle.

Publié dans Sur la route... Inde

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