Là-haut... dans les montagnes...

Publié le par Carotte

 

Petit trek rapide. On n'a qu'une petite semaine, ce qui ne suffit pas pour pouvoir se lancer dans les grands classiques que sont le camp de base de l'Annapurna ou le tour de ces derniers.

Donc, on la joue tranquille avec un trek au départ de Pokhara prévu normalement en 6 jours, depuis lequel on a la vue sur toutes les montagnes à défaut de s'y engager.

On réduira finalement ce temps en 3 jours et demi mais sans toucher à l'itinéraire.

Ce qui donnera finalement :

Jour 1 : Pokahara -> Naya Pul (bus) puis marche de Naya Pul à Ghorepani (8h)

Jour 2 : Ghorepani -> Poon Hill (300m) puis redescente jusqu'à Gandruk (6h)

Jour 3 : de Gandruk à Pothala (6h)

Jour 4 : redescente de Pothala à Pedhi (3h) où l'on prend le bus pour Pokhara.



Durant ce trek, moultes aventures que je vous propose de découvrir ici de manière totalement anarchique...

 

Episode 1 : Où l'on a les fessiers en béton :

Sur le trajet, nous croiserons beaucoup d'escaliers, marches en pierre créées par les habitants. Les sentiers aussi sont souvent pavés, version voies romaines. Vu la taille des blocs, on imagine le travail que cela a dû être... Le tout sur des centaines de mètres de dénivelé. On a calculé qu'au total, nous aurons en 4 jours gravi ou descendu pas loin de 10 000 marches...

 

Episode 2 : Où l'on teste les limites du gore-tex :

Mais ce n'est pas tout, on croise aussi la jungle et les montagnes alentours à travers la brume, quelques singes, des oiseaux, des vaches, beaucoup de cascades., notamment dans la partie du trek entre Tadapani et Gandruk. L'une d'elle avait même recouvert l'escalier qui la longeait, ce qui a donné une scène assez cocasse de descente d'escalier-cascade, les chaussures à la main, les pieds nus dans l'eau glaciale en train de tenter de ne pas dévaler les marches sur les fesses... Effort bien risible lorsqu'une demi-heure plus tard, la mousson ayant décidé de s'y mettre, pieds et chaussettes se retrouvent pataugeant allégrement sans crainte aucune du gore-tex. Même la veste commence à montrer des signes de faiblesse.

Résultat du match : Mousson = 1 / Gore-tex = 0.

 

Episode 3 : Où l'on apprend à enlever les sangsues à main nue.

On était prévenues : en cette saison, il y a des sangsues. Qu'à cela ne tienne, on mets les chaussures montantes, on descend bien le pantalon et on vérifie régulièrement. Le premier jour nous épargna. Le deuxième jour, après les 3 heures de marche sous la pluie (cf épisode 2), nous arrivons enfin à Gandruk, superbe petit village gurung. L'enlevage des chaussures (mouillées, je le rappelle) est un moment de bonheur jouissif. Même si je vois tomber avec celle de droite une sangsue qui visiblement s'est régalée (repas gastronomique confirmé après l'éclatement de la sus-citée par la chaussure gauche : scène de crime dans le couloir du lodge). Je checke mes chevilles, non, pas moi, c'est bon.

L'enlevage du pantalon (totalement imbibé aussi of course) me fera finalement réaliser que la sangsue est un animal sournois et rusé et que j'étais bien la victime de la défunte. J'ai la cuisse en sang. Un doublé : les deux petites croix rouges ne laissent aucun doute sur l'origine des plaies.

Comment est-elle arrivée là ? Je crois que je ne veux pas le savoir...
Les jours suivants me permettront cette fois de tester l'arrachage de sangsue avant qu'elle n'ai fini goulument son repas : j'ai du sel dans la poche, mais ne m'en servirai finalement jamais. La technique "j'y vais avec les mains, vite et fort" est assez efficace. En revanche, l'animal est coriace. Mes instincts sadiques me lanceront à tenter d'en découper une (basse vengeance, je dois l'avouer) mais elle continue à se tortiller. Je la soupçonne même de se diviser et de créer deux nouvelles sangsues pour le prix d'une. La fourbe...

Episode 4 : Où l'on applique le concept de la relativité à l'altitude :
Lever de soleil à Gandruk. Matin clair, le premier probablement depuis le début de la mousson. L'Annapurna sud est immense, et pourtant, il fait office de petit joueur à côté de ses voisins. A peine 7219m... Le Macchapucchare à côté est encore plus petit mais il est sacré (et sacrément beau avec son sommet caractéristique, tout pointu ou en queue de poisson selon d'où on le regarde). On profite de la vue exceptionnelle, rarissime en cette saison.

On aura eu de la chance car la veille, nous avions déjà eu l'honneur d'assister au lever de soleil sur le Daulaghiri et l'Annapurna, deux 8000m... Du haut de notre petite « colline » de Poon Hill, seulement 3200m, on se sent tout petit...

Et ça fait rêver... L'ivresse des sommets ?

 

Episode 5 : Où l'on rentre fourbues mais heureuses.

Au final, ce seront 4 jours intensifs mais superbes. Il est très facile de faire les treks dans ce coin sans guide, les chemins sont très bien indiqués, on croise des lodges très souvent pour se reposer, un verre de thé, un dhal bhat, s'abriter de la pluie avant de repartir. Beaucoup sont ornés de cartes où l'on peut se repérer dans son avancée. Les sentiers sont très fréquentés donc on rencontre souvent d'autres trekkeurs en route et les habitants des villages. Il est amusant de voir comment dans certains villages, les « namasté » sincères et sourires sont de rigueur (Gandruk notamment) et dans d'autres, on se sent au contraire « touriste non grata ». Mais globalement, les gens sont adorables, très souriants. Il y a peu de mendicité, la plupart des échanges ne sont pas fondés sur des rapports économiques mais réellement sur de l'intérêt réciproque. Et puis finalement, ça a beau ne pas être la bonne saison, on y survit sans problème. Suffit juste de devenir copines avec les sangsues et ne pas avoir peur de l'eau... Et pour cela se reporter aux épisodes précédents !

Publié dans Sur la route... Népal

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Za 21/08/2011 12:33



Si tu pouvais nous épargner les photos des sangsues, je ne t'en voudrais pas... En revanche, le reste, je suis preneuse ! Bonne suite de voyage, courageuse Carottte !



Carotte 21/08/2011 18:24



t"inquiète, on voulait prendre une photo mais il s'est avéré qu'à chaque fois l'une d'elles apparaissait, le réflexe premier étant de l'enlever le plus vite possible, nous n'avons finalement
aucune photo de ces affreuses (mais finalement, y'a bien pire... )