La vie et la mort : Pashupatinath.

Publié le par Carotte

 

Samedi 23/07 après-midi.


Découverte d'un nouveau lieu classé à l'Unesco, Pashupatinath. Un ensemble monumental de temples hindous. C'est immense, magnifique, encore des sculptures d'une finesse incroyable. Des sadhus babas oranges installés le long des escaliers en font des tonnes pour se faire prendre en photo et donc obtenir quelques roupies des touristes de passage. Et c'est surtout l'endroit célèbre pour les crémations des morts. Ca défile. Nous en apercevrons quatre le temps où nous y sommes. Etrange. Plein de couleurs. Du orange surtout. De mon côté, recul, pudeur et appréhensions causés par nos tabous occidentaux vis-à-vis de la mort et en même temps, beaucoup d'étonnement face à ces coutumes intrigantes.

Le long de la rivière, des espaces carrés pour élever les buchers. La famille apporte le corps dans un linceul puis commence par lui tremper les pieds dans la rivière avant de montrer son visage une dernière fois. Il est alors recouvert de couleurs, rouge, jaune, orange, d'offrandes. Tout le monde y passe. Puis, on remballe tout, retour sur le brancard et on dresse le bucher. L'endroit n'est pas choisi au hasard. En haut de la rivière, les riches. Une crémation en cours en témoigne : plus d'offrandes, un « toit » de toile orange qui finira brûlé lui aussi, juste au pied du temple et à côté du « toboggan » à trempage de petons. Plus bas, les familles moins riches. Le feu est allumé en commençant par la bouche. C'est normalement le fils aîné qui allume le bûcher de son père. Le feu est sacré pour le hindous. Purification, renouveau. Ca n'empêche pas les veuves et les enfants de pleurer. La coutume qui voulait qu'une femme se jette dans le bûcher funéraire de son mari n'a été interdite qu'au siècle dernier !

Après 3 ou 4 heures de feu, les cendres et les restes sont jetés à la rivière. Et le carré est nettoyé à grands coups d'eau pour le prochain. La rivière où se baignent les enfants qui font des concours de plongeons entre les feux qui brûlent... Et où les ménagères viennent jeter leurs poubelles. Mélange de vie et de mort. Tristesse et joie. Gris de l'eau et couleurs des saris. Contrastes. Je vole discrètement deux photos mais ne me sens pas à l'aise et je préfère ranger mon appareil pour respecter les différents deuils.

Publié dans Sur la route... Népal

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