Le pays des cocotiers

Publié le par Carotte

Kochin, ou encore Kochi, Cochin et Ernakulam, Fort-Kochin, Mattanchery, Toppunpaddy. Tous ces noms pour ne désigner finalement qu'une agglomération et certains de ces quartiers dans l'Etat du Kerala, la pointe sud-ouest de l'Inde. A cheval sur la terre ferme et un petit chapelet d'îles, tous ces noms témoignent d'un passé riche et tumultueux qui y a laissé de nombreuses traces. En trois jours ici, nous verrons ainsi des demeures coloniales portugaises, un palais hollandais, une synagogue, des villages traditionnels kéralais, moultes églises, des canaux bordés de cocotiers, des supermarchés, des filets chinois, des mosquées, des temples, des drapeaux communistes... Varié ? Oui ! Et riche, intense et malgré tout reposant. La faute (la grâce ?) peut-être à Maria et Geo, l'adorable couple de petits vieux chez qui on échoue et leurs lits fort confortables sur lesquels nous nous écroulons avec plaisir après deux nuits en transports en commun... Elle a toujours le sourire scotché aux lèvres et nous fait des coucous de la main à chaque fois que l'on passe le portail. Lui a des poils partout et ressemble franchement à une version indienne de Bilbo âgé. Il bégaye un excellent anglais avec lequel il nous vante les mérites et les hauts lieux de sa ville et de ses alentours.

Nous suivons ses conseils en commençant par partir à la découverte de Fort Cochin : églises portugaises (on commence à être habituées), jolies et très grandes maisons, rues tranquilles, cafés-galeries d'art très contemporains, promenade le long de la plage assez crado malgré les poubelles-animaux en plastique qui tentent de sensibiliser les promeneurs à l'écologie, vieux cimetière hollandais verdi par la mousse et filets chinois parfaits pour une photo cliché au coucher du soleil. C'est calme, très très touristique (on a rarement vu autant de blancs, à part à Goa !) mais plutôt très agréable.

Le deuxième jour, enfin reposées, on part de l'autre côté de l'île direction Mattanchery où se trouve le quartier juif avec sa synagogue ainsi qu'un palais « hollandais » en réalité portugais, aux murs recouverts de fresques fantastiques et transformé en musée très instructif sur l'histoire du Kerala. A côté, la synagogue est toute petite mais très mignonne avec ses lustres en cristal et son sol en faïence. Il ne reste que 9 juifs aujourd'hui à Kochin, toute petite communauté dont nous avons rencontré la doyenne, Sarah, qui coud des kippas brodées de paillettes dorées d'un kitsch très indien. Elle est très touchante quand elle nous explique qu'elle est aujourd'hui la plus vieille et que les autres sont disparus... Tout autour, le quartier « juif » qui n'a de juif que le nom et l'histoire, regorge de boutiques d'antiquités très chères mais qui forment une sorte d'immense musée gratuit. Les prix des restaurants étant adaptés au public, on pense mourir de faim avant de s'éloigner à peine et de trouver une cantine indienne où nous sommes les seules filles et les seules occidentales au milieu de tablées masculines d'indiens et où on nous sert avec de grands sourires un thali énorme pour 30 roupies... Comme d'habitude, à quelques mètres d'écart, que de contrastes...

 

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Pour notre dernière grosse journée à Cochin, on se décide à faire THE thing to do in Kerala, c'est-à-dire les backwaters. Ou en français, un réseau de canaux qui remplacent plus ou moins les routes selon les endroits et dans lesquels on se déplace donc en bateau. Ecoutant nos instincts écolos (et nos envies de calme), on décide de faire la balade en canoë et en bateau traditionnel non motorisé. On se retrouve dans un groupe où l'on rencontre des italiens très sympas et d'autres moins intéressants comme ces deux américaines qui ont l'air de trouver le temps long... Bon, en effet, c'est calme et paisible, mais c'est beau. On serpente dans des petits canaux qui longent des petits villages, les serpents d'eau s'échappent devant nous, tout un camaïeu de verts nous protège du soleil. Lors d'un petit arrêt sur la terre ferme, on apprend plein de choses intéressantes sur les épices et les fruits. Je goute une carambole, un pamplemousse, sent une multitude de feuilles et graines, dégote enfin du neem, plante assez magique dont je ne connais pas le nom en français.

L'après-midi, le bateau est plus gros, et les canaux empruntés aussi du coup. L'ambiance est moins magique, mais cela nous permet de faire une sympathique sieste bien méritée et de peindre un peu des aquarelles... Je manque toujours de patience, mais je m'améliore, je m'améliore... Le soir, le coucher de soleil est fabuleux, avec des couleurs qui ne semblent même pas vraiment naturelles.

La dernière matinée, on retourne voir les filets chinois, en activité cette fois. On est invitées à observer comment ça fonctionne, j'aide même un coup à remonter le filet, on a le droit à un cours express sur les différents poissons que j'oublie instantanément, mais c'est amusant.

Après le trajet en ferry, Aurélia se fait demander en mariage par le rickshaw wallah (pour une fois sympathique et qui ne tente même pas de nous arnaquer) qui nous raccompagne à la gare routière après une séance de conduite pas forcément concluante. Non, décidément, Aurélia ne sera pas conductrice de rickshaw dans sa future vie.

 

J'avais entendu beaucoup de bien sur le Kerala, état communiste qui a mis en place des politiques intéressantes notamment en matière d'éducation, et sur les kéralais, très gentils et accueillants. Notre étape à Kochin nous prouvera qu'en effet, c'est un endroit où l'on pourrait facilement rester plus longtemps... On repart revigorées et contentes et si on s'éloigne de la côte, on ne part pas du Kerala ; on prend juste un peu de hauteur en allant à Munnar, station climatique avec ses plantations de thé... La suite au prochain épisode comme d'habitude !

Publié dans Sur la route... Inde

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The King of The Thousands 19/11/2011 00:48


Après les textes et les photos qui rivalisent de qualité, je veux voir les aquarelles !!!!


Bisousssss

Claire 15/11/2011 13:53


Salut la belle merci pour se voyage numérique pour nous... Maintenant que tu es dans le le kerala n oubli pas d aller voir et même de pratiquer le KALARIPAYATT ... Bisous claire On en aura besoin
dans nos combats de western .. Lol


Carotte 16/11/2011 19:40



Coucou ! Je n'ai pas eu le temps d'en pratiquer car le temps est finalement allé beaucoup plus vite que prévu... et j'ai déjà quitté le Kerala... mais j'ai quand même réussi à aller voir une démo
de Kalaripayatt (et Kathakali aussi, mais cela nous servira moins) . Bon. Pas certaine qu'après plus de 6 mois d'arrêt de sport, j'arrive à vous montrer tout ça quand je rentre, mais je garde les
idées dans la tête... en effet, ça pourrait faire des jolis combats :)


A très bientôt ! Gardez moi ma place au chaud pour janvier ! Je suis en manque de trapèze :)


 


Bisous à toi et toute la troupe !



Christine Leroy 15/11/2011 01:11



Et à propos, le neem ça s'appelle neem aussi en français et ça a plein de vertus, dont celle d'être un répulsif à poux très efficace !



Carotte 16/11/2011 19:36



Ici, ils s'en servent pour se nettoyer les dents ! C'est assez génial ! Ca pousse par chez nous ?



Christine Leroy 15/11/2011 01:09



On n'en a jamais assez... maintenant qu'on a les textes, elles sont où les photos ? Allez, continue à nous faire rêver ma princesse !


 


 



Carotte 16/11/2011 19:49



Les photos... Quelques unes sur le site de Papa... sinon, les autres en vrai bientôt ! :)


Bisous... bientôt c'est toi qui viens rêver avec moi !