Le retour

Publié le par Carotte

Voilà maintenant plus d’un mois que je suis rentrée ; et le voyage semble déjà si lointain. Et si proche, si férocement ancré en moi à la fois, comme un virus dont on peine à se défaire. Quand je recroise quelqu’un, j’ai le droit au rituel « alors ton voyage ? »... Alors… Alors, c’était bien. Et le reste s’embrouille. Comment résumer en quelques mots, quelques phrases six mois qui vous ont plus changé que vous ne voulez l’admettre ? On bafouille donc trois phrases « cétaitsuperjaienviederepartir… » Puis plus rien. Raconter au fur et à mesure du voyage les aventures, les anecdotes, les énervements qui ponctuaient mes journées paraissait évident. Mais là, de retour dans le froid soleil de Provence, dans une routine de la « vie active », on a toujours l’impression de tomber à côté. Les mots sonnent creux décontextualisés.

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Avec quelques personnes, on se sent une certaine connivence. Elles aussi ont voyagé, comprennent ce sentiment de décalage. Après avoir passé 6 mois en « petite voyageuse » à court terme, à avoir rencontré des gens sur la route depuis si longtemps devant lesquelles on a envie de s’incliner – respect – c’est à notre tour de passer pour une petite héroïne, super aventurière du monde. Et pourtant… Jamais la vie n’aura semblé plus facile que là-bas. Le retour aux habitudes occidentales est un choc. Je réalise que pendant tout mon petit trajet, je n’ai jamais eu peur, je ne me suis jamais sentie en insécurité, je n’ai jamais été malade. Et soudain, Marseille, le boulot, les voisins, le prix de la vie, la dure réalité, la fatigue, l’ennui, le stress, un emploi du temps, des obligations, le nez qui coule vous reviennent en pleine face. Vite… fuir à nouveau ? Envies de vomir, de tout plaquer, de tout changer. Et puis finalement, on s’y fait, on retourne dans le moule, on se réadapte, on retourne travailler, on se noie dans les préparations, on finit même par y prendre goût. Le voyage s’éloigne petit à petit. On fait des projets, pour repartir, où, quand. Quelques paroles en l’air mais pas tant que ça non plus. L’Amérique du Sud ? La route de la soie ? L’Arménie ? L’Australie ? L’Asie du Sud-Est ? Cet été ? Six mois encore ? Un an ? Reprendre un mi-temps annualisé ? Une dispo ? Tout plaquer ?

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Beaucoup de questions qui se bousculent, mais qui sonnent un peu creux aussi. On reste là, avec nos envies, nos rêves, nos obligations – du moins celles que l’on se crée. On tente de prendre une décision… Avant de changer d’avis le lendemain. Il faudrait donc déjà que je commence à prendre mon courage à deux mains et évoquer la possibilité de repartir à l’école. Avec des pincettes. Partir une fois, ça se comprend… deux, ça devient du dilettantisme. Alors... j’assume ? 

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The King of The Mysays Yourratsborn 27/01/2012 23:29


Peut-être que tu devrais plus être Carotte Ibelieveinme que Ihopeingod ;-)


En tout cas, moi, je crois en toi !


Bisous

The King Of Mysay Yourratborn 26/01/2012 14:25


(et merci d'enlever le e à poste...)

The King Of Mysay Yourratborn 26/01/2012 14:24


La photo du milieu, la toute jaune avec le téléphone, je suis sûr qu'un logiciel de reconnaissance d'image la confondrait avec la première photo du camion, celle prise de côté en Ariège. Quand
j'ai ouvert ton poste, je n'en voyais que la petite bande du haut et j'ai vraiment cru un instant que c'était la photo du camion.


Un signe ?


Profite de ce que tu as les moyens de partir selon tes envies. Viendra peut-être un jour où tu auras plus envie de rentrer dans le moule. Alors pour cela le mi-temps annualisé permettant de
ménager les deux semble tentant. Il faut juste que tu ne te laisses pas tirer vers le bas à chaque retour.


Laisse aller tes intuitions, et si elles sont contradictoires, laisse un peu de vide rentrer en toi pour te permettre de te retrouver. Peut-être en allant regarder la méditerrannée quelques
heures sans bouger comme le propose Zette ?


En tout cas, assume tes rêves tant qu'ils ne sont pas dangereux !


Bisous


 


(mon pseudo est là juste pour faire travailler le cerveau de Zette)


(et encore, je me suis retenu de le faire en allemand MeinsagtdeineRattengeborenen)

Carotte 27/01/2012 20:24



Dangereux ? moi... jamais ! :) 


Et pis, on verra... Laissons déjà passer la rentrée... 


 


Carott from IHopeInGod



isabelle 25/01/2012 20:49


Brise Marine


La chair est triste, hélas! et j'ai lu tous les livres. 
Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres 
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux! 
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux 
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe 
O nuits! ni la clarté déserte de ma lampe 
Sur le vide papier que la blancheur défend 
Et ni la jeune femme allaitant son enfant. 
Je partirai! Steamer balançant ta mâture, 
Lève l'ancre pour une exotique nature! 
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs, 
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs! 
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages 
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages 
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots... 
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots!

Stéphane Mallarmé

Za 25/01/2012 20:01


Assume, ma chère Carotte !


En plus tu reviens à un boulot qui peut être très "normalisant" si on n'y prend pas garde...


Suis tes envies, redescend lentement, va voir la mer. Elle n'est pas si loin ;o)


BiZette from Za Ingodhopes !