Mysore

Publié le par Carotte

 

 

8 novembre 2011

 

Mysore (prononcer "meijour"), c'est le nom de mon café préféré à la Brûlerie... (les aixois comprendront). Bon, ce n'est certes pas la raison de notre arrêt dans cette ville, mais il est vrai que cela faisait partie des noms qui me faisaient un peu rêver.

Les raisons de notre halte ici sont doubles :

  • culturelles : Mysore abrite un palais de maharadja parait-il extraordinaire.

  • totalement filles : la soie est censée y être peu chère et de bonne qualité.

Deux (très) bonnes raisons pour s'y arrêter une journée express entre Hampi (après une longue nuit de train et un changement à Bengaluru qu'on zappera soigneusement) et une nuit de bus direction le Kerala.

A peine débarquées du train (merci les gares indiennes où l'on peut prendre une douche, manger, laisser son sac et encore moultes autres choses moyennant une petite poignée de roupies), on décide d'attaquer par le palais. Visons les priorités.

Et le palais est en effet assez extraordinaire. Avec Aurélia, on a décrété que la salle des mariages nous irait très bien pour le nôtre. Si ce n'est pas possible, nous nous contenterons de la très jolie salle de réunion avec sa verrière et ses colonnes dorées ou pour un vin d'honneur du durbar, l'immense salle semi-ouverte d'audiences publiques avec ses colonnes et ses multiples arches de toute beauté. Les portes avec incrustation d'ivoire, les fauteuils en cristal, les plafonds en teck sculptés, les vitraux, le trône en or massif... tout ça est certes un peu dispendieux, mais bon... On est maharadja ou on ne l'est pas.

Malheureusement, vous n'aurez aucune photo de ce temple de l'extravagance. Les appareils photo étant interdits à l'intérieur, nous avons dû les laisser à la consigne sous les menaces assez peu polies du garde à l'entrée. Ce qui est fort rageant, c'est de constater une fois à l'intérieur que les indiens ne considèrent visiblement pas que la consigne s'adresse à eux également. A peine l'entrée passée, ils sortent tous leurs téléphones portables et compacts et mitraillent à tout va. Les gardes en arrêtent mollement un de temps en temps. Ce qui est encore plus énervant, c'est qu'ils nous prennent en photo également et surtout sans jamais demander... Ok, on est des stars narcissiques, mais c'est vraiment désagréable. La première fois, on s'en amuse, mais on a surtout vite l'impression d'être des animaux de foire... Et le routard qui rappelle bien au début de toujours demander avant de prendre quelqu'un en photo. Visiblement le conseil dans l'autre sens n'est pas bien passé... En plus, là on est transpirantes, pas bien en forme (les nuits dans le train, c'est bien mais pas top), habillées comme des sacs, prises au dépourvu on n'a guère envie de figurer dans un album de voyage dans ces conditions et on se demande bien à quoi cette photo moche pourra bien leur servir...

Menfin... Je n'ai pas encore acquis totalement la maîtrise du zen...

Heureusement, la suite de la journée me réconciliera avec les indiens et avec la ville de Mysore à tel point que je ne la quitterai qu'avec regret.

Et la suite de la journée consiste en une session shopping digne de Pretty woman. Au milieu des étoffes, des foulards, des saris, on ne sait plus où donner de la tête. Heureusement la perspective de devoir ajouter plusieurs kilos à nos sacs déjà fort chargés nous empêche de faire des folies, mais on repart déjà avec des motifs et des couleurs plein les yeux et des douceurs plein les doigts (et un peu moins de sous dans notre porte monnaie...)

Chargées de nos paquets et bien en retard sur les horaires prévus, on passe quand même faire un saut dans le très joli marché. Etalages de fruits splendides où l'on poursuit notre folie dépensière et montagnes de tikka multicolores, magnifiquement photogéniques. C'est là qu'on rencontre Khan, un jeune vendeur de parfums et d'encens parlant étonnamment bien le français, fan de Noir Desir, Manu Chao, NTM et Regliss (!) qui rêve d'aller au festival des Vieilles charrues, qui grâce à ces hautes références arrive à nous attirer dans sa boutique. Excellent vendeur et même pas intéressé, il nous montre comment rouler des bâtons d'encens avec un mélange de poudre de santal, de colle et d'eau. Je m'en sors mieux qu'avec les mèches de chandelles et reçoit même les compliments du chef !

Au final, le temps est passé si vite qu'on a à peine le temps d'admirer les étals de fleurs, de se faire offrir deux roses orangées, d'engloutir un excellent thali et de courir jusqu'à la gare routière pour attraper notre bus pour Kochi. Pour les musées, on reviendra.

En résumé, un palais décadent, un marché fantastique, des tissus en pagaille, le pire et le meilleur des indiens, et surtout une journée qui passe à toute vitesse !

Publié dans Sur la route... Inde

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plum 19/11/2011 11:25


what? des fauteuils en cristal? comment c'est possible?

Carotte 18/12/2011 18:02



C'est ce qu'on appelle une certaine idée du luxe...