Pomme-Cannelle, Street Children, Rentrée, Fatigue.

Publié le par Carotte

 

Si, si, malgré les apparences, tout ceci a un lien...

 

Cécile repartie, la grande question était : reste-je à Kathmandu ? Retourne-je dans les montagnes ? Vais-je encore ailleurs ? Finalement, la solution va venir d'elle-même : je reste à Kathmandu et me retrouve « embauchée » (débauchée ?) par APC (souvenez-vous : l'asso pour les enfants des rues dont j'ai déjà souvent parlé). Les volontaires partent (presque) tous cet avant-dernier WE d'août et un nouveau projet vient d'être lancé donc besoin de monde.

L'asso a un projet assez intéressant de réintégration des enfants en plusieurs étapes. Je ne vais pas détailler là parce que c'est loin d'être simple (allez lire ça sur le site : http://www.pomme-cannelle.org/ si vous voulez plus de détails). Mais en gros, le centre où je bosse est une « transit home », un centre qui vient d'être créé où ont été placés 7 enfants entre 7 et 16 ans qui ont vraiment envie de sortir de la rue. Dans la plupart des cas, la réintégration dans la famille est impossible (problèmes familiaux lourds, orphelins) et certains sont trop vieux pour retourner à l'école. Dans ce centre, on essaie d'abord de faire en sorte qu'ils arrêtent de sniffer de la glu et qu'ils réapprennent à vivre dans une maison, avec d'autres gens, de retrouver un semblant de cadre. Certains d'entre eux suivent une formation (semi ?) professionnelle pour apprendre à peindre des thankas. Les autres ont des cours (genre soutien scolaire) 1 à 2 heures par jour. Mais ces enfants vivent souvent dans la rue depuis plusieurs années, sont totalement déscolarisés. Pas facile de se remettre devant un cahier et d'apprendre à lire, écrire, compter (d'autant qu'au niveau pédagogie, se référer à ce que j'ai déjà pu dire à propos de l'école...) Deux d'entre eux s'en sortent à peu près, arrivent à déchiffrer (comprendre, ce sera une deuxième étape) et arrivent à réaliser additions et soustractions. Je tente même des petits problèmes. Pour les autres, c'est moins évident : énormes lacunes et pas forcément l'envie nécessaire pour les combler ! Le projet est donc passionnant mais loin d'être évident.

Encore une fois, je me demande certains soirs à quoi j'ai servi. La communication n'est pas toujours facile : leur anglais n'est globalement guère meilleur que mon népalais (joies de l'euphémisme). Ils n'ont pas l'habitude de suivre une consigne, de réaliser une action ensemble. Ils ont vécu, autonomes, gérant seuls argent, bouffe, drogue, logement pendant des mois ou des années. Vivre en communauté avec des règles à suivre n'est pas si facile à accepter.

Mais je suis là. Paraît que rien que ma présence, c'est déjà pas mal. Un peu d'affection ? Arrêter les bagarres qui commencent ? Tenter de proposer des micro-activités (j'ai vite abandonné mes grands projets d'activités ou jeux collectifs) ? S'intéresser à eux un moment ? 

En tous cas, même quand j'ai l'impression de ne rien faire, je rentre sur les rotules avec mon lit comme seul objectif ! Mais je suis heureuse d'y retourner le lendemain : c'est qu'ils sont teigneux mais attachants ! Ramesh, Abinash, Niroj, Raju, Raj Kumar, Surya et Abishek... Je vous les présenterai ptête un peu mieux plus tard.

Je me dis que si j'arrive à gérer ça, les quartiers nord ne seront plus un problème. Quoique... Ici, ce sont quand même fondamentalement des « gentils », plutôt assez malins pour avoir osé partir de chez eux, réussi à se démerder tous seuls dans la rue pendant un certain temps. Et je n'en ai que 7 ! Vous penserez à moi le 1er février avec mes 25 terreurs ? Hein ? Bon, ok, j'ai déjà quelques mois de sursis avant la rentrée... Donc une grosse pensée à tous ceux et celles qui sont actuellement en pleins préparatifs pour la rentrée (oui, Nico, cette phrase t'est spécialement dédiée) et bon courage pour le 5 !

Publié dans Sur la route... Népal

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Nico le Rouge 27/08/2011 01:36



Merci pour cette pensée, je suis ému! En tout cas j'ai déjà préparé mes cours jusqu'à la période 2 (ok j'avoue on m'a donné un classeur ...) . Et quitte à me répéter continue ton
blog, j'aime ça (pouce en l'air!)



Za 26/08/2011 21:07



Vraiment, je sais aujourd'hui pourquoi je suis fan de Carotte !


Bravo à toi !