Quand je serai grande, je serai maharani.

Publié le par Carotte

Rajasthan, septembre 2011.

 

Il paraît qu'il faut considérer le Rajasthan comme un tout. Ca tombe bien, je suis à la bourre dans mes récits. On va donc tenter de résumer cette région, presque aussi grande et peuplée que la France parcourue en version « express ». On ne fait pas dans l'originalité pour le choix des étapes, que l'on suivra au fil des trains ou des bus disponibles.

 

- Jaipur, la rose, plus grande ville et ça se sent, bordélique, bruyante, fatigante, urbanistiquement étonnante. La vieille ville est totalement rose (Toulouse n'a qu'à bien se tenir) les rues sont tracées à angle droit, sous les porches, des milliers de boutiques et tout autant de sollicitations, les rues larges accueillent une circulation dense et épuisante. Mais le superbe fort d'Amber à quelques pas vaut vraiment le détour. Premier grand palace visité, murailles immenses, palais labyrinthe aux multiples recoins. Jolies vues et temples reposants en redescendant dans la vieille ville.

 

- Udaipur, la blanche, Venise indienne autour de son lac, romantique, chic, flâneries, balade sur le lac. On se prend un instant pour une maharani ou un star de cinéma au milieu des palaces et des havelis. Les lavandières frappent leur linge le long des ghats, les touristes déambulent au milieu des vaches et l'on va s'abriter du bruit des rickshaws dans les temples perchés au milieu des guest-houses où les cafés confortables où l'on peut jouer au karom pendant des heures.

 

- Sur la route entre Udaipur et Jodhpur, une étape express au splendide temple jain de Ranakpur. Des milliers de piliers, tous sculptés plus finement les uns que les autres, des plafonds et murs qui le sont tout autant. On pourrait passer la journée à scruter et étudier tous ces détails.

 

- Jodhpur, la bleue, vivante, souriante, amicale dominée par son fort majestueux. Dans les bazars étonnamment épargnés par les motos et les rickshaws, on peut se balader tranquillement sans se faire attraper, juste des « namasté » sincères retentissent régulièrement. La visite audioguidée du fort, obligatoire, se révèle passionnante. La finesse des parties intérieures contrastent avec l'aspect massif et impressionnant de la forteresse vue de l'extérieur. On apprend plein de choses sur les différentes étapes de la construction, à travers laquelle on revit toute l'histoire du Rajasthan depuis les rajputes (non, ce n'est pas un gros mot) aux anglais, en passant par les moghols. On imagine la vie des femmes, emprisonnées derrière leurs rideaux de pierre finement ciselés et leurs voiles multicolores.

 

- Jaisalmer, la jaune, humaine, solaire, joyeuse, harmonieuse. Sa forteresse rebondie abrite un dédale de ruelles où alternent boutiques et restaurants, les commerçants nous interpellent mais ont compris que le harcèlement n'était pas une méthode efficace pour attirer le chaland. Tout est jaune, doré, safrané, les balcons font un concours de sculptures, les façades des havelis se décorent de milliers de motifs géométriques. Et la vieille ville autour s'étend, mêmes couleurs, même finesse, en plus populaire. Un lac paisible accueille touristes et indiens venus se reposer au frais des temples. On est aux portes du désert, on le devine au sable partout, mais on ne le voit pas encore.

 

- Pushkar pour finir, toute blanche aussi autour de son lac sacré. C'est ici le seul lieu où l'on vénère Bramha (je vous épargne le pourquoi du comment de la légende). Maintenant, on semble y vénérer essentiellement le touriste, mais les nombreuses boutiques où l'accueil est vraiment gentil, les sympathiques petits bars, restaurants et sandwicheries, les ghats où chacun vient vivre sa vie rendent cette ville très agréable. On sera obligés de passer par Ajmer où se trouve la gare à l'aller comme au retour, mais on est en revanche ravis de fuir au plus vite cette ville qui a certainement des qualités cachées mais qui au premier abord regorge de tout ce peut horrifier en Inde : mendicité très lourde, rickshaws insistants et désagréables, pollution, trafic infernal, bruit, saleté.

 

Pour résumer, le Rajasthan est en effet une très belle région qui mérite bien le tourisme qui y prospère. On y voit des villes superbes, riches d'histoire et de beaux bâtiments. Ce qui nous aura le plus manqué finalement, ce sont les rencontres. Ici, le touriste est un touriste. On croise quelques indiens sympas avec qui on papote quelques heures, mais cela reste finalement très superficiel. On reste toujours un peu sur nos gardes. Et on croise aussi d'autres voyageurs au plus ou moins long cours, mais pas tant que ça finalement. Peut-être est-ce le fait de beaucoup bouger, de ne jamais rester très longtemps au même endroit ? Et en même temps, on a eu l'impression d'écluser tout ce qu'il y avait à faire. Finalement, quitte à conclure sur un lieu commun, on peut voir les plus belles choses du monde, le plus important reste les gens, les rencontres. « Happiness is real only if shared » ! (merci Into the wild). Là, on était deux à le partager, heureusement, mais ce n'est pas la région que je conseillerais de faire à un voyageur solitaire non aguerri.

Publié dans Sur la route... Inde

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Christine Leroy 24/09/2011 21:05



C'est la femme du maharadjah !



plum 24/09/2011 15:40



c'est quoi maharani?