Réflexions théo-pas si-logiques

Publié le par Carotte

 

 

Je ne sais si c'est l'altitude, le fait d'avoir dépassé la moitié de mon voyage, la lecture de « L'histoire de Pi », l'ambiance mystique indienne ou le manque de sommeil qui me plonge ce matin dans de telles élucubrations.

Je ne suis pas croyante. Ceci n'est pas un secret. Je serais même parfois à la limite de l'anticléricalisme... Tout en respectant les croyances des uns et des autres tant qu'on n'essaie pas de me convertir, j'ai du mal à croire qu'il y a un ou des dieux, qu'ils soient à barbe blanche, tête d'éléphant ou sans image. J'opterais plus rationnellement pour une approche scientifique du monde et de ses mystères.

Mais je dois concéder que parfois, tout semble être si parfait, si absolu que si ce n'est en une puissance supérieure, on a envie de croire en une certaine harmonie de l'univers, une vibration, un sentiment de plénitude qui nous dépasse. Une certaine religion de la nature ?

Cela m'arrive en général au lever du soleil. Je n'ai malheureusement pas souvent le courage de mettre le réveil pour en profiter mais à chaque fois, je ne le regrette pas. Encore somnolente de fatigue et où paradoxalement j'ai le sentiment d'une acuité maximale de mon esprit. Tout se met en place : la lumière, les bruits, les sons, une musique, un chant, un sentiment de bien-être absolu.

« Bénis » (c'est le cas de le dire) soient pour cela les treks, qu'ils soient à pieds, à dos de dromadaire ou de cheval. Le réveil se fait avant l'aube et l'on se met en marche directement, au clair de lune et petit à petit le monde s'éclaire autour. Ou alors, on s'arrête à un endroit stratégique pour admirer les couleurs du matin qui n'ont rien à envier aux couchers de soleil, n'en déplaise au petit Prince (j'aime beaucoup les couchers de soleil aussi).

Quelques levers de soleil sont ainsi profondément ancrés dans ma mémoire comme des moments où j'ai atteint un bonheurs des plus « divins ». Sans en arriver forcément là, un lever de soleil à Tumling, 3000m, dans le parc de Singalila, à la frontière indo-népalaise s'est approchée du moment parfait. Le soleil hésitant pointe son nez et découvre petit à petit le Kangchengjunga émergeant d'un océan de nuages et se colorant de bleu, blanc, rose, parme. De l'autre, au départ invisibles, se dégage une chaine blanche. Makalu, Everest, Lothse, Tamlang, d'est en ouest. D'ici, c'est le Makalu qui semble le plus haut. Eux aussi passent par toutes les couleurs, et au milieu, perchée sur ma « petite » colline, je me dis que la vie est quand même plutôt chouette...

Publié dans Sur la route... Inde

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Christine Leroy 16/10/2011 22:01



Oui, je ne sais pas pourquoi ce moment où le jour hésite à se lever est aussi magique... 


Mon quart préféré en bateau, que je ne céderais pour rien au monde, l'autoroute des WE (direction Sisteron) au petit matin quand on sait q'une journée de bonheur physique nous attend, le ciel qui
passe par toutes les teintes du rose... J'aime !



Za 16/10/2011 17:43



@ the King : Aaaah ! Tu veux dire avant de te recoucher !


 


 



The King of The Thousands 16/10/2011 16:04



@Zette : si si, en vacances, en bateau, ou parfois en insomnie au milieu de ma nuit, un petit tour à la fenêtre quand le gros qui nous chauffe montre ses premiers rayons, j'aime bien ;-)



Za 16/10/2011 15:08



Joli billet, Carotte !


Et pour l'individu ci-dessus : "même pas cap!"



The King of The Thousands 16/10/2011 14:03



Pt'êt que je vais me lever tôt un de ces jours, ça fait envie ;-)


Bisous !