Madurai, son temple, son commissariat.

Publié le par Carotte

 

Tout avait pourtant très mal commencé.

5 minutes à peine après notre arrivée à l'hôtel, Aurélia se fait piquer son appareil photo, sa carte bleue et des sous dans la chambre même, alors qu'elle était sous la douche et moi à la réception en train de faire le check-in.

Affolement général. Ou en tous cas de nous deux. Les indiens semblent prendre ça plutôt tranquillement. Moi je ne le suis pas du tout, m'énerve contre l'hôtel qui met un temps infini à réagir contre la police qui est incapable de faire la moindre action utile. Tout cela s'étant passé en moins de 5 minutes, tout était encore forcément dans l'hôtel. Mais bon. Vu le temps de réaction, on peut vite oublier tout espoir de retrouver un jour nos affaires. Inutilité et inefficacité sont les deux maîtres mots de l'action des 10 flics présents (oui, parce que par contre, ils viennent à 10, on ne sait jamais).

Par bonheur, il y a une femme dans l'équipe, Barathi, qui nous prend en pitié et s'occupe de nous. Elle tente, seule, au milieu d'un groupe d'inutiles machos corrompus, le commissaire avachi dans un fauteuil de l'entrée demandant mollement à faire fouiller les gens qui sortent du lodge, de nous aider.

Finalement, de manière totalement absurde (ou improbable ?), l'hôtel ne voulant pas qu'on dépose une plainte pour un événement s'étant passé dans leurs locaux (paraitrait que ce ne serait pas bon pour leurs statistiques), ils préfèrent nous dédommager en liquide pour éviter tout scandale. Bien sûr, c'est la police qui fait l'intermédiaire et nous aide à négocier. Logique.

On s'en sort finalement avec 7500 roupies et un dégout absolu de la police indienne et de corruption régnant en maître ici, à tous les niveaux. Bon, objectivement, on s'en sort plutôt bien. Avec les sous, Aurélia se rachètera un nouvel appareil encore mieux que l'ancien... mais nous n'en sommes pas encore là. Car une fois la partie « appareil photo et dédommagement en liquide » effectuée, il reste quand même à porter plainte pour la carte bleue. Mission commissariat.

Je pars acheter des dosas pendant qu'Aurélia réexplique pour la cinquantième fois ce qu'il s'est passé pour faire un procès-verbal. Enfin, la version « officielle » dictée par la police ne mettant pas en cause l'hôtel. Corruption quand tu nous tiens...

Dans le commissariat, un « accusé », assis au sol, visiblement très mal en point. On peut constater avec regret et non sans grand malaise que l'application des droits de l'homme n'est pas tout à fait la même ici, et que la corruption n'est pas le seul problème dans les méthodes policière utilisées ici. Les mêmes questions se posent toujours... Que peut-on faire ?

En l'occurrence, après plus de quatre heures passées avec la police, on finit par rentrer, épuisées, affamées, dégoutées et bien décidées à fuir au plus vite Madurai et surtout cet hôtel.

Difficile de s'endormir après tout ça. Ca tourne, mon karma perd des points en envie de vengeance et frustration.

Mais on finit par s'écrouler de fatigue. Et au matin, on part quand même visiter le sri Meenakshi Temple, l'immense temple en plein centre de Madurai, très haut lieu sacré pour les hindous et référence architecturale de l'Inde du Sud. On ne regrette pas. Débauche de sculptures multicolores, plafonds peints, longues allées bordées de yahlis en pierre, ces animaux mythiques monstrueux, grand bassin, lotus d'or, temples labyrinthiques, vendeurs de bondieuseries en tous genres et un éléphant qui nous bénit de sa trompe. L'endroit est immense, on s'y perd pendant deux heures, relativisant petit à petit notre première impression de Madurai.

 

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A l'extérieur du temple, on va quand même voir les ateliers des tailleurs installés dans un autre temple désacralisé, même si l'on a abandonné l'idée de se faire coudre des fringues ici. L'endroit est improbable ; les machines à coudre à pédale, les stands d'écharpes diverses et variées et les merceries de rêve sont situés côte à côte entre les colonnes sculptées. C'est très beau, et beaucoup plus calme que ce que l'on craignait.

Finalement, si l'on exclut notre mésaventure du début, on aura plutôt rencontré des gens chouettes ici, comme Pooncholai, cette vendeuse enceinte de 8 mois au sourire contagieux ou Barathi, la policière qu'on aurait préféré rencontrer dans de meilleures circonstances.

Un peu comme Mysore... une ville parcourue de manière express où l'on aura rencontré et vécu le meilleur et le pire...

 

 

 

Erratum : En réalité, ce n'était probablement pas le patron de l'hotel qui ne voulait pas de plainte.... mais la police elle-même ! Ben oui, pas de plainte, pas de criminalité... C'est mieux pour les statistiques...

Publié dans Sur la route... Inde

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anouf 20/11/2011 23:52


Moi je connais un autre pays, où les plaintes sont refusées par le commissariat pour cause de statistiques... pas plus tard que la semaine dernière : d'abors on m'a dit que c'est impossible, et
ensuite que ça ne servirait à rien (vous comprenez madame, on est dans le 93 ici, un dépôt deplainte ça sert à rien, vous pouvez faire une main courante, c'est plus efficace... 

Carotte 18/12/2011 18:01



Sad world..... Bisous à toi et à très vite... :)



Mickey 17/11/2011 20:19



Ben alors là, c'est n'importe quoi... 130 euros, pour l'appareil, j'espère qu'il ne valait pas plus...